Le RCLALQ lance son livre de la honte ou la discrimination dans la recherche de logement.
Montréal, le 28 mars 2012. Le Regroupement des comités logement et associations de locataires du Québec (RCLALQ) profite de la période intensive de recherche de logement pour lancer son livre de la honte, un recueil de témoignages sur les pratiques discriminatoires des propriétaires sur le marché locatif privé. En levant le voile sur ces pratiques, le RCLALQ cherche à dénoncer le phénomène et à obtenir une protection accrue du droit au logement. Le RCLALQ demande l'interdiction des formulaires de location et un encadrement juridique par la Régie du logement du processus de location.
Le livre donne la parole aux victimes de discrimination. Les témoignages évoquent les raisons expliquant ce type de pratiques : préjugés vis à vis d'une culture ou des familles, en particulier des enfants... À leur lecture, on comprend que souvent plusieurs facteurs (condition sociale et origine ethnique) se conjuguent. Un nombre important de témoignages révèle que la discrimination directe est toujours aussi présente dans la location de logements sur le marché locatif privé. De son côté, la discrimination indirecte met en jeu des mécanismes plus complexes à cerner et à démontrer mais, pour le RCLALQ, il ne fait aucun doute que les formulaires de location et les autres outils de sélection de locataires n'ont d'autres buts que de discriminer.
La discrimination est prohibée par la Charte des droits et libertés et il existe des recours en cas de pratiques discriminatoires mais le RCLALQ affirme que c'est insuffisant. « Les locataires sont laissés à eux-mêmes » déplore France Emond, porte-parole du RCLALQ. Ni la Commission des droits de la personne et des droits de la jeunesse, ni la Commission d'accès à l'information, les deux seules instances qui ont compétence respectivement en matière de discrimination et de collecte abusive de renseignements personnels n'ont le pouvoir d'ordonner aux propriétaires fautifs de louer leur logement constate le RCLALQ.
« Pire, non seulement le domaine du logement n'échappe pas aux pratiques discriminatoires, mais le phénomène s'amplifie» a affirmé madame Emond. Dans cette foulée, le RCLALQ dénonce les applications en ligne qui permettent de connaître les antécédents et la cote de crédit des candidats locataires. « Nous sommes très inquiets par rapport au respect de la vie privée et à la conservation des renseignements personnels » ajoute madame Emond. Pour mettre un frein à ces pratiques et encadrer la recherche de logement, le RCLALQ demande que la Régie du logement ait pleine juridiction sur le processus de location des logements, et que les formulaires de demande de location soient interdits.
Le RCLALQ entend faire parvenir son livre de la honte à monsieur Laurent Lessard, ministre responsable de l'habitation, d'ici quelques semaines.
Renseignements : France Emond, 514-781-2220

![[JPG] logo_gris [JPG] logo_gris](zfiles/16.jpg)