RCLALQ

  Regroupement des Comités Logement et Associations de Locataires du Québec

[JPG] logo_gris





[JPG] cadenas

Identifiez-vous
administration


* Contenu du site RCLALQ, 2008, droits réservés sauf mention

* site construit à partir du gestionnaire de contenu
[JPG] logo_zite


* ce site a meilleure allure avec une résolution d'écran 1024X768 et dans le fureteur
[GIF] logo_firefox

* une réalisation de Yannick Demers, 2008, à partir de logiciels libres à 100%

REGROUPEMENT DES COMITÉS LOGEMENT ET ASSOCIATIONS DE LOCATAIRES DU QUÉBEC (RCLALQ)

COMMUNIQUÉ

Le marché immobilier jette le monde à la rue !

Montréal, le 19 juillet 2002. Le Regroupement des comités logement et associations de locataires du Québec (RCLALQ) et le Comité logement du Plateau Mont-Royal (CLPMR) sont préoccupés par un marché immobilier complètement hors contrôle se manifestant en première ligne par une augmentation incroyable des évictions. Ces évictions se réalisent tant par des reprises de logement, conversions en condo, cottage ou logement de luxe, négligence prolongée dans l'entretien des immeubles, démolitions et non-application du code du logement, sans mentionner la part du lion, qui se joue au niveau de pressions et harcèlements de la part des propriétaires et dans le but d'augmenter les loyers de façon déraisonnable. Les locataires sont perçus trop souvent comme un obstacle à la rentabilité sur l'investissement du propriétaire, ce qui encourage des motivations voraces du côté de certains propriétaires.

C'est lors de la manifestation contre les évictions qui se tenait mercredi le 19 juin devant le 5114 rue Rivard, un édifice à logements promis à la démolition dans les prochaines semaines, que les principaux intervenants et locataires risquant l'éviction sont intervenus afin que soient connues les évictions de plus en plus nombreuses des derniers mois sur le Plateau Mont-Royal. Cette manifestation, qui s'est ensuite transformée en Marche des évincés, s'est déplacée sur la rue St-Hubert et éventuellement jusqu'au métro Mont-Royal où de nombreuses personnes ont été informées sur la problématique des évictions massives.

Le CLPMR et le RCLALQ ont observé nombre de preuves d'évictions planifiées, dont nous tirons trois exemples démontrant en quoi le marché provoque les évictions. Dans le dossier de la rue Rivard, depuis plusieurs mois, la propriétaire a l'intention d'y faire démolir un immeuble de 16 logements et un duplex (tous les loyers y étaient abordables) pour le 1er juillet. La Ville avait d'abord refusé la démolition du 16 logements avant que la Commission d'arbitrage sur le patrimoine immobilier (instance d'appel) ne renverse sa décision. Pourtant un rapport d'ingénieur affirmait catégoriquement la possibilité de le rénover. De son côté, "le président de la Commission d'arbitrage a inscrit sa dissidence face à la décision d'accorder le permis de démolition en regard des enjeux sociaux actuels et de la possibilité de rénover " de dire Claudine Desforges du CLPMR.

D'autre part, le cas des locataires des 48 logements du 5175 au 5225 St-Hubert montre bien l'impact de la force de la solidarité dans le combat pour maintenir les locataires dans leur logement. Alors que le propriétaire invoquait des rénovations majeures dans le but évident d'évincer les locataires, ceux-ci se sont regroupés pour faire face aux pressions (coupures de service, menaces, effractions dans les remises, recours inutiles, etc.). À ce jour, plus d'une vingtaine d'entre eux occupent toujours leur logement.

Au 4455 rue Garnier, un cas d'éviction attribuable à une reprise de logement a retenu l'attention. Les propriétaires de l'immeuble de 5 logements ont exercé énormément de pressions afin de faire sortir les locataires actuels. Sur des motifs de reprise de possession, les fiduciaires ont réussi à reprendre 2 des 5 logements pour y faire un bureau de la fiducie et un habitat pour l'une des fiduciaires. Un troisième logement est passé de 350$ à 900$ en l'espace d'un an, exactement comme sur la rue St-Hubert.

Le RCLALQ et le CLPMR mènent campagne contre ces évictions indues afin de revendiquer le droit pour chacun à un logement. Cette série d'évictions complètement arbitraires viennent s'additionner aux nombreux autres exemples qui pullulent dans d'autres secteurs de Montréal et dans des villes telles que Québec et Gatineau. "Le fait de tolérer ces évictions répétées est selon nous la preuve que le gouvernement du Québec n'est nullement en contrôle de la situation du logement" d'amener André Trépanier, porte-parole pour le RCLALQ. Ce dernier entrevoit deux champs d'intervention du gouvernement pour contrer les effets néfastes qui résultent d'un marché immobilier complètement inflationniste:

1. Législatif:

* L'imposition d'un moratoire sur les reprises de logement

* Démolitions doivent être accordées seulement de manière exceptionnelle, et s'il en est ainsi, que le propriétaire soit obligé d'y reconstruire du logement locatif soumis à un contrôle des loyers.

* L'interdiction complète de convertir en condos

* Mise sur pied d'un code du logement provincial qui donnerait des directives aux villes et MRC qui n'ont pas encore de code propre à leur territoire, et s'assurer de l'application de ce code par du financement à l'établissement d'un service d'inspection.

2. Villes et arrondissements / secteurs:

* Le développement d'une culture d'entretien du cadre bâti par les nouvelles villes fusionnées. Les arrondissements qui cumulent désormais plusieurs nouvelles responsabilités au niveau de l'application des lois et règlements, se doivent de respecter une logique de préservation des stocks de logements uniforme et de défense du droit au logement.

* Les principaux centres urbains doivent se doter d'un code du logement municipal et l'appliquer avec l'aide d'un nombre d'inspecteurs suffisant.

-30-

Pour infos: Frédéric Dubois
(514) 521-7114