RCLALQ

  Regroupement des Comités Logement et Associations de Locataires du Québec

Des locataires en attente d'une audience demandent justice

MONTRÉAL, le 30 mars 2010- Le Regroupement des comités logement et associations de locataires du Québec (RCLALQ) avait convié les médias ce matin devant les bureaux de la Régie du logement au centre-ville de Montréal afin de dénoncer la situation que vivent les locataires en attente d'une audience à la Régie du logement.  Des locataires sur place sont venus témoigner des affres que soulève cette situation.  Le RCLALQ demande que toutes les causes soient  entendues dans un délai de trois mois sur la base du premier arrivé, premier servi et que les causes urgentes, celles impliquant la santé et la sécurité, soient entendues en 72 heures.

L'histoire de madame Yvette Sinclair (nom fictif) contient l'ensemble des doléances que l'organisme dénonce depuis maintes années : aux problèmes des délais pour les locataires se juxtapose l'inéquité dans le traitement des demandes.

Peu après avoir emménagée avec ses deux enfants dans son nouveau logement du quartier Côtes-des-neiges, madame Sinclair découvre une fuite d'eau dans la cuisine.  De temps à autre, de l'eau noire et sale, coule et recouvre le parquet de la cuisine rendant le tout impropre à son utilisation.  Inquiète, la locataire prévient le propriétaire et lui demande de régler le problème. Après avoir attendue en vain l'intervention du propriétaire, la locataire se résout en septembre 2009 à déposer une requête à la Régie du logement réclamant l'ordonnance des obligations du propriétaire.  Entre temps, madame Sinclair, décide, pour faire pression sur propriétaire, de retarder le paiement de son loyer.  Le propriétaire dépose alors une requête en résiliation de bail et obtient en six semaines une audience!  Bien que le régisseur n'ait pas prononcé la résiliation du bail, il a refusé de réunir les demandes avec pour conséquence que madame Sinclair est toujours en attente de son audience : « C'est vraiment injuste.  Maintenant, je songe à déménager parce que je ne peux pas à vivre avec mes enfants plus longtemps dans un logement en si mauvais état» déclare la locataire.

Pour France Emond, porte-parole du RCLALQ, cette situation est typique.  Les locataires qui emménagent dans un logement qui a besoin de réparations devront attendre en moyenne seize mois avant d'obtenir une audience et gare à ceux ou celles qui seraient tentés de retenir le paiement du loyer pour se faire justice puisque le Tribunal pourrait dans un tel cas résilier le bail en six semaines. « Quand on prévient les locataires des délais moyens pour obtenir une audience, plusieurs sont découragés et renoncent à faire valoir leurs droits » déplore madame Emond.